J'écoute : parfois des musiques de profondeurs marines, offertes ci-dessous
Je regarde : la radio, elle est jolie
Je lis : Le meurtre d'Apollon (qu'un ami a écrit) et L'inénarable effroi d'Evariste Torlemoi (que personne n'a écrit)
Je joue : à doubler des grosses caisses avec un petit vélo électrique débridé
Je mange : Bien (avec ail et gingembre, quelques feuille de coriandre)
Je bois : un thé apre riche en tanins aux doux relents de jasmin et de mélancolie brumeuse
Je cite : Je ne sais pas si Dieu existe, mais s'il existe j'espère qu'il a une bonne excuse
Je pense : Quand trop de riches sont trop riches, plus personne n'achète, sauf de l'or.
Je rêve : d'un autre corps à caresser que celui du chat en extase

Découvrez la playlist Contemple avec The Herbaliser feat. Katerine

(mis à jour dimanche 4 décembre 2011 à 02:05)

04/12/2011

04/12/11 - 02:12

Gâchis


Quand je pense à tous ces pays où de jeunes homosexuels sont persécutés, emprisonnés, assassinés, pendus...



Alors qu'on pourrait me les envoyer?

05/09/2011

05/09/11 - 14:19

Viol, agression, abus, malentendu... et un tabou?

DSK n’est pas coupable de tentative de viol, car la plaignante s’est contredite et l’accusation reposait sur ses déclarations. Pour autant, elle n’est pas coupable de mensonge car on peut se tromper. Seuls ceux qui croient toujours tout savoir y voient une contradiction : le doute profite aussi bien à l’accusé qu’à la plaignante, c’est ainsi.

Quelle est la place de l’hypothèse selon laquelle, aussi surpris l’un que l’autre, il s’est lâché, l’a abordée fièvreusement, et elle l’a repoussé, refusant de se donner mais ne refusant pas de participer à son plaisir ? Qu’est-ce qui empêche de croire à un malentendu, elle se sentant agressée et lui juste vigoureusement entreprenant ? Qui dit comment une femme, et la justice, doivent réagir à un comportement masculin pulsionnel, sans pudeur, mais non précisément violeur ?

Je viens de voir « Le dahlia noir », de Brian De Palma, interdit au moins de 12 ans, donc autorisé à partir de 12 ans. J’y compte au moins 9 meurtres et un suicide violent, des dents qui volent en éclat sous les coups d’un boxeur, un visage découpé par sadisme, on y décrit un corps éventré, puis éviscéré, par perversité sexuelle. Les rapports humains sont faits de coups échangés, de trafics d’influence, de menaces et de mensonges. Les rapports sexuels sont cachés, mais leur violence est montrée par des vêtements arrachés, des objets projetés au sol, par exemple pour dégager une table sur laquelle le héro étend vigoureusement l’héroïne, tous deux visiblement livrés à une passion virulente. On aperçoit au matin le joli derrière du charmant héro, mais jamais un sexe, bien sûr.

Après avoir suscité le martyr de nombreux adolescents jusqu’au début du siècle dernier, la masturbation est admise pour eux, que l’on nomme parfois élégamment « des branleurs ». On la considère comme dégoûtante et dégradante, à cacher comme une pratique parfaitement honteuse. Il faut croire que l’industrie pornographique sert juste à alimenter la curiosité ou l’imagination des adultes. Mais quelle est la place du désir pulsionnel, en particulier masculin, et comment y faire face ?

Pour les homosexuels masculins, une rencontre spontanée et sans parole peut s’envisager dans certains établissements spécialisés, et autres petits bois cachés derrière les dunes, près des autoroutes, dans les parcs après la fermeture… là où les autres ne vont pas. Voire dans les caveaux de certains cimetières, m’a-t-on dit, et il semblerait que les habitants ne déposent pas plainte. Le sexe spontané entre hommes est donc possible, matériellement, quoique socialement marginal et assez mal vu.

Pour les hétérosexuels, cette possibilité n’existe pas, pas plus que la contravention pour insistance excessive, ou le procès d’un client qui exagérerait dans son attitude, sans pour autant commettre une tentative de viol. De même, il n’y a aucun moyen de faire des rencontres sexuelles qui ne soient ni tarifées, ni systématiques, mais juste spontanées. Parce que les femmes qui seraient disponibles seraient considérées comme des putes, ou comme des allumeuses, si elles refusent des avances lourdingues. Au mieux, ce serait ressenti comme une vexation infligée, de même qu’un homme qui se refuserait. Pourtant, le désir pulsionnel féminin doit bien exister aussi ? La possibilité de proposer et d'accepter n'étant pas établie, les modalités pour refuser sont mal connues.

« Il s’est pourtant passé quelque chose ». Certes, mais quoi ? Tous les indices montrent que ce pourrait être une masturbation plus ou moins imposée, ou aidée, peut-être pour échapper à une autre menace dans l’esprit de la plaignante. Peut-être une menace imaginaire, juste suggérée par une pulsion bien visible, palpable. Et alors, fallait-il pour ça arrêter le fonctionnement du FMI ? Fallait-il ensuite cesser toute poursuite au motif que la plaignante a menti sur certains points, plus ou moins en rapport avec l’affaire ?

Ma conviction personnelle est que non, dans les deux cas. Le tabou social sur l'appétit sexuel masculin pulsionnel, qui reste flagrant sur la masturbation, est le facteur aggravant de tous ces malentendus. Le trouble mental qui en résulte est probablement aussi réel que le tabou sur l’onanisme, d’origine biblique et d’ailleurs bien mal compris.

Quand les humains, hommes et femmes, accepteront de voir leur sexe comme un jouet aimable, ils cesseront peut-être de le brandir comme une menace, ou d’en faire un symbole de pouvoir bien plus dérisoire, dégoûtant et révoltant que tous les « gestes déplacés » que l’on n’impose pas à autrui, mais que l’on peut proposer et refuser, ou accepter.

Tout abus allégué, de pouvoir en particulier, doit par ailleurs être poursuivi et jugé, même en l'absence de crime et de délit, y compris s'il s'agit simplement d'une impulsion excessive. Mais sans aucun lien avec la vie politique, de même qu'on souhaite éviter toute discrimination à l'embauche.

04/08/2011

04/08/11 - 00:32

La démocratie en vacances

Hier, j'ai déjeuné avec une amie blonde, qui me raconta ses vacances en familles.

"Nous sommes partis à trois couples, plus un célibataire, qui venait de subir une rupture"

"Il n'était pas un peu malheureux, seul parmi tous ces couples?"

"Non, c'est un de mes ex, et puis il adore qu'on s'occupe de lui. D'ailleurs, tout le monde adorait que je m'occupe de tout: organiser la bouffe, les sorties, les courses... Au bout d'un moment j'en ai eu mare!"

"Et tu as posé le problème auprès de vos amis?"

"Oui, mais ils étaient tous d'accord. Tu parles, ça les arrangeait bien, que je m'occupe de tout!"

"C'est la démocratie... il suffit de trouver une bonne poire, et de se mettre d'accord pour l'exploiter."

27/07/2011

27/07/11 - 14:09

Effet miroir

L'inversion révèle parfois des absurdités rigolotes.



Pourquoi faut-il que les sociétés traditionnelles organisent l'ascendant d'un genre sur l'autre? Pourquoi les Chimpanzés et les Bonobos, nos plus proches cousins, le font-ils également, et de façon différente? Pourquoi les religions monothéistes prônent-elles toutes une séparation des sexes et des rôles, surtout chez les traditionalistes?

Et surtout... quel monde veut-on imaginer et construire, sachant que l'expérience n'éclaire que le trajet parcouru.

25/06/2011

25/06/11 - 01:33

Shortbus ce samedi dans la nuit sur Arte

TELERAMA: [www]

Ce film explore diverses manières de pratiquer le sexe, et si vous avez un enregistreur sur disque dur c'est un morceau de choix qu'Arte rediffuse dans la nuit de samedi, précisément dimanche de 02:55 à 04:35. On y voit une auto-fellation, divers accouplements dont de très adorables scènes à trois hommes, plus un qui regarde avec un télé-objectif. C'est filmé sans aucune fausse pudeur, et il est assez savoureux de voir les critiques des lecteurs de Télérama, souvent un peu coincés.

A conseiller pour l'information des adolescents, et à laisser visionner par eux en privé sans les déranger. Pour tous ceux pour qui le sexe n'est ni une honte, ni une provocation, ni une fin en soi, mais un sujet d'exploration fascinant et un moteur de la vie humaine. Le sexe, et les conditions dans lesquelles on l'exerce, permet aussi de percevoir, déduire et deviner ce qui ne se voit pas au premier coup d’œil. Les vérités profondes sont comme les parties génitales: on les cache, et certains les dévoilent, avec goût et curiosité. Je serai toujours partisan de la seconde attitude, plus propice à la paix des corps et des âmes, plus intelligente.

Et les cons seront toujours de l'autre côté, celui des pornographes et des culs bénis. C'est sans doute pour ça qu'on leur donne le nom de la partie la plus désirée du corps féminin. Le côté obscur de la force.

Mais les cons n'en ont ni la profondeur ni les agréments. C'est comme les trous du cul.

[www]

23/06/2011

23/06/11 - 12:13

EMA California



F*_*ck California, you made me boring
I've bled all my blood out
But these red pants they don't show that
My old friends though they know that
But when I sold them I sold that
I'm sorry Gracie Grewie Golden...

I'm sorry Steven and Andrew that I ever left you
You never seen the ocean, you never been on a plane
Schizophrenic rules the brain
And it's coming to take you away
You're still my favorite past life martyred saint
Give me the places, I'll give you the names
Wasted away alone on the planes
What's it like to be small time and gay?
F*_*ck it baby, I know you'll never change

So hold me down
But I got in
Quick hit to the face
Soft blow to the mouth
On Christmas morning

You're bleeding from the fingertips
You rubbed me raw, you rubbed me wrong
And I hear you and I think of you
Oh California

Now you've corrupted us all with your sexuality
Tried to tell me love was free
Tried to tell me love was free
I said them? Maybe you you you you you and me

Oh love in the time of scandal
Love in the form of tragedy
Love so much, so real, so f*cked
It's 51-50

But I'm just 22,
I'm just 22,
I don't mind dying
I don't mind dying
I don't mind

What does failure taste like?
To me it tastes like dirt
I'm begging you please to look away

I bet my money on the Bob Tail Man
Somebody bet on the bet

I saw Joseph carrying the gun
I saw Mary carrying the gun
The gun, the gun, the gun
The gun, carrying the gun
I saw Grandpa carrying the gun
I saw Grandma carrying the gun
The gun, the gun, the gun
The gun, carrying the gun
I used to carry the gun
I used to carry the gun
The gun, the gun, the gun
The gun, carrying the gun

03/06/2011

03/06/11 - 16:19

Le ministre et la balance


En général, on considère la balance comme un instrument de justice, servant à peser le pour et le contre. On dit aussi, à charge et à décharge. Il existe ces derniers temps un certain nombre d’allégations, toutes à charge, et la plupart contre des personnalités politiques de premier plan susceptibles de faire pencher la balance à gauche lors d’élections françaises. La balance des accusations penche à gauche, et l’opinion publique est aisément retournée, sans nuance, du côté opposé, vers la répression et la coercition. Réglementons les mœurs, surtout pas les marchés.

Des tâches de sperme sur le col d’une femme de chambre ? On en déduit bien vite que DSK est coupable. Il avait, dit-on, nié les faits. Les faits ? Quels faits ? A-t-il été interviewé ? Pour mentir, encore faudrait-il avoir la parole ! Il a déclaré son innocence face à une accusation de tentative de viol. Que sait-on de plus aujourd’hui ?

On sait… Que le virage du FMI tendant à aider les états en difficulté pour une relance, en réponse à la crise, est remis en cause. Que la victoire socialiste et keynésienne aux présidentielles françaises est remise en cause. Que les moyens monétaires vont pouvoir de nouveau tomber dans les trous noirs, ou puits sans fond, de la cosmologie économique : l’argent va vers l’argent. Et quand il n’y en a plus, tant pis, on n’en fabrique plus comme dans les années de croissances, orthodoxie oblige.

C’est tout ce que l’on sait à présent. Pour l’humeur et les mœurs, on se reportera à mon récit un peu érotique de cette nuit…

Et à propos de cet ancien ministre aux activités pédophiles ou pédérastiques, que sait-on ? On sait que les mots ont glissé. De parties fines avec des jeunes garçons on est passé à partouze avec des petits garçons. Sait-on bien la différence entre un petit garçon et un jeune garçon ? La puberté, simplement, les sépare, et on la voit très bien aux poils et aux facultés sexuelles, éjaculations chez les garçons, menstruations chez les filles. C’est simple, naturel et incontournable.

En France, la majorité sexuelle a été fixée à 15 ans pour bien garantir que la personne soit un sujet pubère et non un objet sexuel entre les mains de dominants sans vergogne. Entre 15 et 18 ans, le mineur est protégé de tout ce qui pourrait perturber son libre consentement : autorité d’un professeur, d’un parent, d’un éducateur, prostitution, pornographie… mais il a parfaitement le droit de jouir de son corps et c’est bien la moindre des choses qu’il en prenne possession.

Au Maroc, l’homosexualité est un délit à tout âge (à vérifier, peut-être un crime, je ne sais pas).

Mais au fait, qui est cet ancien ministre ? Lord Byron ? Montherlant ? Jean Giono ? Hervé Guibert ? Tous ces écrivains de renom ont connu les délices marocaines offertes par de jeunes adolescents, voire pré-adolescents à peine pubères, aux Européens nantis et sensuels. Assurément, leur consentement n’était pas garanti, ce qui est révoltant mais ne constitue pas à mon sens une condamnation sans appel des personnes citées, qui ne sont plus de ce monde. On ne sait pas ce qui s’est passé dans l’intimité de leur présence, s’ils se montraient délicats et respectueux, incitatifs ou manipulateurs, attentifs ou violeurs.

On entend souvent dénoncer la liberté de mœurs, comme s’il y avait un curseur séparant les sociétés coercitives, d’où le sexe et le viol sont proscrits, des sociétés permissives, où la dépravation conduit au viol et à diverses perversions. Mais n’est-ce pas plutôt l’inverse ? En effet, le Maroc est justement parfaitement normatif, conservateur et coercitif, l’homosexualité y est interdite et c’est là, justement, que la protection des mineurs est inopérante (du moins à l’époque des faits allégués). En France, on se fout à poils sur les plages à l’écart des accès publics, on marivaude aux bois (cf. mon précédent billet), mais on ne viole pas impunément, quoi qu’on en dise.

Et c’est de notre liberté de mœurs qu’on voudrait nous faire honte ?

Mais de qui se moque-t-on ?

03/06/11 - 01:10

Ascension au Bois de Vingt Scènes

Ce matin, je me levai tôt. Le ciel bleu, lavé par un vent puissant de nord-est, m’incita à partir vers Paris. Quelques recherches météo se doublèrent de recherches vidéo, en quête de la caméra perdue. Je pris langue avec un ou deux jeunes hommes sur Gay Attitude, une fois encore piégé par le jeu des photos exposées : rien à faire, ils me plaisent, et leurs portraits aussi, à l’écrit.

M’endormant devant mon écran, je m’allongeai pour une sieste, qui fit plus d’un heureux car la bête à poils doux m’avait rejoint et ronronnait contre mon ventre, les pattes en l’air. Je lui pitrognai mollement les poils soyeux et blancs du bas ventre, il jubilait.

C’est vers 17h que j’enfourchai mon destrier venté, et vanté par les amateurs de poussées sans heurts : son pédalier bien huilé et son moteur électrique doux et silencieux le situent dans un monde à part, où les machines hurlantes et explosives semblent devoir bientôt apparaître comme vestiges d’un autre âge, celui des derricks et des guerres du désert. Un jeune homme transportait un minitel, sur un trottoir de la rue Vercingétorix.

Longeant la coulée verte, puis le cimetière du Montparnasse, je me dirigeai vers l’Autre coulée encore verte, en passant par Denfert et La Santé, puis la rue sous le boulevard, Censier, Austerlitz, Gare de Lyon, Reuilly. Comme à l’accoutumée, je me dirigeai vers la pelouse d’où l’on aperçoit le château, puis celle où du regard on épouse les formes, de corps masculins baignant au soleil.

Cette année, le short se porte à carreau sur fond blanc cassé, avec au-dessus une sculpture grecque au bord du déficit et revisitée par Jeff Kuhn. Elle y retrouve la souplesse et de petits muscles oblongs qui roulent sous la peau. Il y avait aussi un string, je n’aime pas tellement. J’aimais mieux les tangas droits, mais ça ne se fait plus hormis pour les sumotoris. Le torse nu, oui, j’aime. Mais pas les westerns.

Les abords sous-boisés n’étant pas très fréquentés à cette heure encore lumineuse, je suivis les chemins du hasard qui conduisent aux installations du parcours sportif, fréquentées par de superbes athlètes. Il est aisé d’échanger quelques mots aimables, sans intérêts, gratuits, et c’est le complément de l’autre scène. Les hommes y ont un ton masculin et doux, un peu viril parfois, voire un tantinet bruyant, avec les nord-africains bourrés de testostérone et de viande Hallal. L’un d’eux s’occupe d’un blondinet de 4 ou 5 ans qui l’appelle papa. Il a plu à une blonde, semble-t-il, qu’on imagine lovée contre son torse velu et bombé, sa peau douce contre les poils drus.

Après avoir assoupli, bandé mes abdos, étiré mon corps en tous sens, j’ai repris quelques tours de roue pour trouver à nouveau le sous-bois prometteur, mais décidément il ne s’y passait rien. J’ai donc entamé un tour de la boucle cyclable, tout à côté, en me demandant si je reviendrais par Secteur X ou Entre deux Eaux. Un tout jeune homme, qui menait son chien sur le côté, m’a offert un superbe sourire, généreux et gratuit, souligné de sa barbe naissante. Elle semblait destinée à montrer au monde ce système pileux d’adulte encore surpris de se découvrir ainsi fait. Je plais aux jeunes, mais pas aux jeunes gays ?

Je m’arrêtai un peu plus loin, à la fontaine, où des patineurs du PUC (un club sportif, je crois) arboraient une tenue « seconde peau » de belle facture, qui laissait passer le vent et se coulait dans mon regard impudique, sans aucune gêne. Découvrant que les voitures ne longeaient plus la piste comme auparavant, je résolus de monter en direction du plateau. A mi-parcours, une variation spontanée de promeneur, entraîné à l’improvisation, me conduisit par les chemins étroits, dans un endroit bien plus agréablement fréquenté que la pelouse show room, un peu mondaine entre soi. Entre le circuit vélo et la route ouverte, le piéton est roi des sous-bois. Je croisais dans les parages, croisant des regards, et un t-shirt jaune paille, avec dedans un blond rasé sans relief mais sans aspérités. Demi-tour, je reviens vers lui, mais il s’éloigne. Tant pis, je prends le petit chemin à droite, en oblique.

Au bout de l’oblique, je constate une fois de plus la valeur de cette tactique, qui laisse à l’aimant le temps de réaliser, sans s’affoler, et de spontanément prendre le même virage, ou pas. Il l’a pris, je suis dans un chemin très ombragé et lui, tout jaune, en plein soleil, regarde vers moi. Un temps s’écoule, durant lequel je descends du vélo, le pose contre un arbre, passant la main contre mon ventre. Juste le temps d’une certitude, il est là pour moi et moi pour lui. Mes gestes se font plus précis, laissant paraître ici un bout de tissu, là un objet caché de plus en plus évident, roulant, oblong et pointant, contre le jour qui traîne.

Il sort plus vertement son objet du désir, cylindre avec fourreau ajusté, un trou au bout à peine évasé, comme la cheminée d’un volcan. Nos bras se croisent et s’effleurent, j’aime la sensation de nos poils qui se frôlent et de la ferme hampe que nous flattons l’un de l’autre. Les gens qui passent n’ont plus d’importance, ils sont là complices et quelque peu envieux. Un beau brun, torse nu, croise dans les parages. Un noir s’approche, et bouton d’or semble le redouter. Il se tourne, puis il se rhabille et s’éloigne. Je reste dans les parages, la ceinture à peine rajustée. Le brun repasse.

Bouton d’or me regarde encore, revient sur ses pas. Un coup d’œil circulaire, je m’enfonce dans les buissons, il me suit et nous reprenons les activités là où on les avait laissées : il ressort dans de bonnes dispositions, et je ne tarde pas à retrouver les miennes, sous les caresses jointes. Tandis que nous jouons un peu des bras et des cuisses, le brun hésite, puis s’approche, doucement, et nous rejoint. Son pubis rasé forme comme un V avec une fossette au milieu. Trois hommes alignés dans un buisson ému, évoquent la disposition que l'on prend pour émettre un liquide doré, mais c’est une liqueur plus noble et plus blanche qui ne tardera pas à leur faire émettre des soupirs de jubilation, jaillissant comme si la pression était décidément trop forte.

Pour ma part, je reste subjugué, car j’adore ces alignements, et me rhabille dans un délicieux appétit. Ils semblent bien pressés de disparaître sans un mot… il faut que jeunesse se passe. Tiens, à propos, ils devaient bien avoir un peu plus que mon âge, à eux deux. Ces chemins sont bien plaisants. On a déplacé l’épicentre du système volcanique, et je n’étais pas au courant ! J’évolue parmi les hêtres pourpres, sur un pneumatique nuage. Et puis je me retrouve dans un cul de sac, au sein de la jungle touffue rêvée…

Il y a un petit bonhomme grassouillet qui me regarde, un peu timide, désenfourcher mon vélo et me redresser, torse bombé, ventre rentré, cuisses saillantes avec aussi une mémoire de forme assez évocatrice, au centre. Un homme de type espagnol le dépasse, beaucoup moins timide, et lorsqu’il parvient à mon niveau, sans autre issue, me regarde et passe la main par ma fermeture éclair (tiens, je l’avais oubliée ?). Sans la moindre hésitation et très souple, il se plie en deux et goulument… se gorge pour mon plaisir. Le rondouillard, agaillardi, s’approche, et me pince le téton gauche en se pognant de l’autre main. Il pince trop fort, j’écarte ses doigts et me titille le téton droit, afin de garder l'équilibre.

L’Espagnol se redresse, croise mon regard, et nos yeux disent oui. Sa langue, contre la mienne, pèse et roule comme sous une main, deux boules ovoïdes. C’est d’ailleurs ce que fait ma main droite, caressant son slip, mais il est là pour mon plaisir et de toute évidence il réserve le sien, nourrissant son appétit à la source du mien. Je suis tendu vers le plaisir qui monte, les épaules en arrière et les genoux pliés, je dresse le menton vers le ciel, et ne peux retenir les chevaux du plaisir, hennissants, fougueux et sauvages, indomptés. Je ne vais pas le décevoir.

Par moments, certains hommes, aux talents éclatants, et déchus, perdus dans le luxe froid et désert d’un Manhattan guindé, claquemurés, doivent songer avec nostalgie face au soleil couchant, qu’ils auraient pu avoir aussi la chance de naître pédé.

29/05/2011

29/05/11 - 15:57

Cucurbitacées

Les Allemands s'empoisonnent avec des concombres espagnols déballés à Hambourg et porteurs d'une bactérie maligne.

Les Autorités Allemandes et Espagnoles se renvoient la balle comme trolls en carrosse.

Les Autorités Françaises appellent la Population à faire cuire les légumes (!)

A ceux qui n'apprécient pas le concombre vapeur, je conseille la brosse avec du savon, puis rincer, ce qui retire aussi les pesticides (liés à la prolifération d'une bactérie opportuniste?)

Le Pape met le préservatif à l'index. On ignore s'il aime les crudités, mais il condamne les rapports entre hommes.

A ceux qui n'apprécient pas le concombre en rondelles, je suggère de l'entourer d'un préservatif et l'enduire abondamment d'un lubrifiant non gras. Inutile, alors, de le faire cuire.

Et si l'on peut ainsi éviter les rapports en hommes... Que demande le Pape?

15/05/2011

15/05/11 - 16:26

Nostalgie, humour et masturbation sont le propre de l'homme

Non, le langage n’est pas spécifique de l’humanité. C’est surtout la conviction de posséder la seule langue valide, qui caractérise la plupart d’entre nous. Certes, nous maîtrisons (à peu près) les systèmes descriptifs et discursifs les plus aboutis, mais on peut parfaitement apprendre à un grand singe à s’exprimer par des symboles et même à construire des phrases touchant à l’abstraction. Et on soupçonne les dauphins d’en faire autant, tant qu’on ne les mange pas dans des boites de thon, de même que les baleines tant qu’on ne les étale pas sur des corps blonds siliconés.

Oui, le rire est propre à l’homme, encore que… quand on considère certains orangs-outangs, s’ils ne rigolent pas autant que les esclaves qui viennent de brûler leur forêt primaire, détruisant leur habitat commun, pour exporter de l’huile de palme afin de mieux nourrir notre cholestérol national, on comprend aisément que c’est simplement parce qu’ils n’ont pas d’humour ; ce sens de la dérision face au désespoir que des siècles de barbarie ont intimement associé à la condition humaine.

L’homme possède, outre le rire, deux autres caractéristiques propres, qu’il ne partage pas avec l’animal. La nostalgie, et la masturbation.

Humour, masturbation et nostalgie sont bien des caractéristiques de l’espèce humaine. La religion est bâtie sur une seule de ces caractéristiques, la nostalgie d'un hypothétique paradis perdu.

Symbolisée encore de nos jours par la privation d’un anneau (le prépuce), cette perte initiale du lien avec Dieu par Adam est la seule caractéristique humaine que valorisent les religions monothéistes nourries à la nostalgie comme la vérole se nourrit du désir. L’humour n’est pas vraiment l’ami de la ferveur religieuse, et la masturbation est taboue. Ce qui pourrait nous faire oublier un moment la nostalgie du Paradis perdu, que ce soit dans l’ivresse de la rencontre ou dans l’extase de l’orgasme, est suspect aux yeux du croyant comme du stoïcien. C’est sans doute que la religion authentique, débarrassée des enjeux de pouvoir, est encore à naître.

Dieu le Fils, riant, jouissant et souriant, succédera-t-il un jour à Dieu le père tout puissant ?

[www] Arte le beau Raphaël sur la nostalgie (valable 7 jours)

12/09/2010

12/09/10 - 16:55

Le vent l'emportera




C'est beau, non?

24/07/2010

24/07/10 - 17:28

Le bon grain et l'ivraie, des céréales qui leurrent

Il y a une parabole contée par les disciples de Jésus, avec de sournois ennemis qui sèment de l'ivraie là où le bon seigneur avait semé le blé. "Laissez-les pousser ensemble", répond Jésus à ceux qui proposent d'arracher l'ivraie. La suite, je la censure volontairement.

Ce qui serait fâcheux, c’est de croire qu’il y a le bon grain et les nuisibles, surtout si on avait l’imprudence de l’appliquer aux hommes. C’est cela que je crains, en ces temps où certains, qui justement ont poussé dans des communautés séparées, effraient à juste titre par la violence qu'ils exportent.

Faisons en sorte de pousser ensemble, et de ne pas nous entretuer sur les routes qui nous relient. La force doit protéger l'égalité des droits, elle ne devrait tuer que par nécessité voire par accident. Mais que ceux qui s'enflamment songent aussi aux milliers de mort par accident sur les routes, avant de mettre le feu. La violence est un choix.

L'épeautre fait du très bon pain, qui se conserve et nourrit mieux, plein d'acides aminées et de protéines végétales. Alors le blé... c'est trompeur.

J'aime bien les céréales, mais pas les céréales qui leurrent.

03/07/2010

03/07/10 - 13:31

Dialogues avec ma cousine croyante sur la danse et la vie (de famille)

Cousine le 26 juin:

j'ai cherché ce qu'est Myth
c'est assez extraordinaire et assez violent?

[www]

je ne connaissais pas ce chorégraphe

Ma réponse :

L’ordinaire ne me déplacerait pas devant une scène, déjà la vie comporte son lot d’extraordinaire, le talent est de le transfigurer et c’est ce qui me plait. Qu’as-tu vu de violent ? Une relative intensité dans les émotions, tu la nommes violence ?

La vie de famille est un mensonge dont on ne sort pas sans douleur, et même en songe on voit la vie en face, alors pourquoi pas quelques émotions sur scène.
Le premier spectacle de ce triptyque de Sidi Larbi Charkaoui, Foi, était plus fort, avec plus de poids. C’était plus plus rude, nu et cru. Je ne trouve pas que Myth le soit autant, mais les puristes croient en Foi.

Je vais maintenant voir BABEL(words) qui est le dernier volet du triptyque.

Cousine le 29 juin:

merci pour tes analyses
la vie de famille, un mensonge? et où est le vrai?

Ma réponse:

« Où est le vrai? »

Derrière l’écran que l’esprit de famille interpose entre l’individu et le monde réel. La vérité n’est pas le père Noël.

Le réel est tangible, le masquer ne se fait pas sans mentir et on ne cesse de mentir aux enfants, ce qui devrait rester transitoire et limité au merveilleux. La vérité est une autre notion, qui ne se définit pas seulement par l’absence de mensonges, de même que la liberté ne se réduit pas à l’absence de contrainte.

La vérité est une construction de l’esprit qui se transmet par le talent, elle n’est pas immanente, elle n’est pas fixe mais mouvement vers la connaissance partagée. Je t’accorderais volontiers que les approches simplifiées et les espoirs un peu illuminés sont nécessaires à l’acquisition de connaissances durant l’enfance et au-delà, utiles pour endurer les expériences douloureuses de la vie.

Oui, je te l’accorderais, si tu me le demandais.

27/06/2010

27/06/10 - 01:34

Sidi Larbi Cherkaoui

Inconditionnel.

J'ai vu FOI sur Arte, je l'ai manqué en vrai. J'ai donc vu MYTH, et j'irai voir la suite du triptyque. Seul le Soleil n'a jamais vu l'ombre. Mais l'ombre voit la lumière et je fus ébloui, enthousiasmé. Si j'avais pu, j'aurais fait tout pareil.



C'est magnifique, c'est à La Villette (enfin c'était la dernière, mais on le reverra ici ou là) et il y a encore un volet la semaine prochaine.

Au retour, le quartier avait mis son habit de lumière, et c'était beau. tout était beau, même le beau brun qui a choisi de se placer à mes côtés, et surtout l'innocent blond en slip dont l'émotion artistique faisait oublier l'attrait délicieux, sans pour autant l'estomper.

19/06/2010

19/06/10 - 16:19

You meurs

Sur l’âge de la retraite, ils auraient pu faire mieux : ils le retardent de 4 mois tous les ans. Il fallait faire trois fois plus, et on n’aurait plus aucun mal à financer les retraites.

J’en ai un peu mare de passer après les baby boomers. A chaque fois j’ai l’impression d’arriver après Attila. Libertés, emplois, retraites… ils ont tout pris, ils ne nous ont laissé que le sida, la dette publique, des déchets nucléaires et un monde ruiné où des morales sans vie poussent comme du maïs transgénique sur un sol stérilisé.

Je sens qu’on n’aura même plus de places dans les cimetières… on va devoir repousser l’âge légal du décès.

04/04/2010

04/04/10 - 14:00

Résurrection et révélations innommables

Points importants

 La pédophilie passe du tabou à l’interdit
 L’homosexualité est passée du tabou au permis
 Les homosexuels mystiques, non assumés, sont tentés par le célibat
 L’Eglise catholique cantonne ses prêtres dans une immaturité relationnelle
 Les commentateurs confondent abstinence et immaturité

Je ne sais pas si Dieu existe, mais s’il existe il m’a donné un cerveau et un sexe.

Lorsque j’étais petit, j’étais pédophile. C’est normal, entre 3 et 10 ans, de s’exciter entre copains, cousins, voisins, à montrer ce que l’on vient d’apprendre à cacher, et que les adultes nous cachent… jouer au docteur, à la guerre des boutons, se dénuder par provocation jubilatoire et exhiber une érection face à un garçon et une fille qui rient sous cape, gênés et intrigués… regarder les autres aux toilettes, aux vestiaires, comparer, écarter les fesses pour mieux voir l’anus : il est difficile de voir le sien, mais celui du voisin, du cousin, on peut.

Vers 11 ans, je suis devenu plus réservé. La nudité devenait une attitude de confiance, mais on devait rester chaste pour ne pas s’emballer comme des gamins. Avec l’adolescence, le besoin de l’autre s’est mêlé aux premières curiosités, en particulier dans les vestiaires. Un beau jour, j’ai découvert avec un autre adolescent à la fois la masturbation, et une excitation nouvelle qui portait en plus un besoin d’amitié fervente, j’ai compris non sans peine qu’il s’agissait d’amour et que les mots « enculé, pédé », étaient censés désigner mon avenir sentimental. Ces deux paragraphes n’auraient pas pu être écrits avant 1950, et difficilement avant 1980.

Imaginons maintenant le même individu, dans un milieu hostile dans les années 70, et faisons-lui deux clones. L’un évolue dans une famille de notables en province, chrétiens et réactionnaires, favorables à la messe en latin, aux mouvements de jeunesse chrétiens. Il sera scout, et apprendra très tôt à abuser de ses camarades, comme la plupart des enfants. Pervers, il sait dénoncer les autres pour ne pas se faire prendre, il sait mentir et contraindre l’imbécile, mener un groupe jusqu’à persécuter une petite victime. Ils le frappent, ils l’humilient, ils le forcent à se déshabiller… je vous laisse imaginer le reste. Conscient de son peu d’attirance pour les femmes, il devient prêtre, et reste pédophile. Il sera appréhendé en 2010 pour ses actes qualifiés de viol ou d’outrage à la pudeur sur mineur.

Le second est la victime des premiers. Très tôt, complexé, malmené, il est devenu le bouc émissaire. A l’adolescence, il est mystique et craint le mal, la tentation qui est en lui de faire souffrir, les pulsions sexuelles qui le portent vers les jeunes enfants, seuls camarades avec qui il se sent en sécurité. Il les aime, ils le tentent. Il devient prêtre. Il ne connaîtra jamais la réalité d’une relation d’amour entre adultes, qui lui fait aussi peur que les serpents ou les araignées, comme une phobie. Il sera dénoncé par sa bonne, qui découvre des revues « pédopornographiques » dissimulées au grenier.

Le troisième a aussi du mal à sortir de ses désirs d’enfants, et pour la même raison : les mots de pédé, enculé, etc. ne ressemblent pas à un compliment ni à son idéal de vie, dans une famille pratiquante. Il a beaucoup d’appétits sexuels, depuis son enfance, mais il ne peut pas mêler l’amitié adulte à ses pulsions immatures. Il se passionne pour les catalogues de sous-vêtements, et attend patiemment de devenir enfin adulte dans ses désirs. Contrairement aux deux premiers, il se détourne du milieu familial. Il a des amis gauchistes libertaires, en opposition au jus déo-chrétien dans lequel il a baigné trop longtemps. Les plus proches peuvent entendre son discours sur la vie sexuelle des enfants et leur droit à en disposer. Mais ils le préviennent : en disposer entre eux, certes, avec des rapports d’égal à égal, mais pas avec des adultes qui pourraient les manipuler. Il réfléchit, polémique parfois à la marge, sur des relations douces et sans violence, librement consenties. L’époque s’y prête, Cohn-Bendit a écrit quelques pages provocatrices… heureusement pour lui, il ne rencontre pas d’enfants consentants, et comme il a un profond respect pour les faibles il ne commettra aucun acte répréhensible. A force de parler avec des gens intelligents, il évoluera, consultera peut-être, et finira par rapprocher sa vie de ce qui est permis, en assumant son homosexualité et son goût pour les éphèbes, sexuellement majeurs. Le viol lui répugne absolument, même le viol moral qui serait pratiqué par l’ascendant que l’on peut prendre sur les autres.

Ces trois exemples montrent bien le rôle du célibat et de l’Eglise. Le problème n’est pas la pulsion sexuelle irrépressible, comme on l’entend dans des bouches superficielles et stupides. Tout le monde sait se branler, les prêtres ne nous ont pas attendus pour le faire. Le problème est d’abord que le célibat mystique attire certains êtres sexuellement immatures. C’est ensuite que l’imagerie mystique développée autour de cette Union avec Dieu cantonne l’individu dans un narcissisme sexuel, par nature enfantin. Avec en plus la honte jetée par l’Eglise sur tout comportement homosexuel entre adultes, librement consenti, que reste-t-il ? La perversité et la honte, comme seul avenir.

C’est pourquoi j’accuse la sainte Eglise, romaine et apostolique, d’être responsable de ces immenses gâchis.

La République laïque pourrait très bien exiger des employeurs y compris religieux qu’ils respectent les principes républicains d’égalité entre les sexes et de respect de la vie privée, ce qui inclut le droit au mariage.

Un espoir en passant : grâce aux révolutionnaires de mai 68, on ne passe plus ces crimes sous silence, on passe d’une civilisation du tabou à une civilisation qui écoute, étudie, débat et régule. Avant, on ne voulait pas le savoir. Maintenant, on protège les enfants car on les écoute, mais parfois on confond encore le désir pédophile avec l’abus ou le viol d’enfants. Or pour mieux prévenir, il faut d’abord comprendre, écouter, non sans bienveillance.

Message chrétien, s’il en est, et parfaitement dans l’intérêt général qui est de prévenir plutôt que de punir… car il est alors trop tard. Évidemment l'un n'exclut pas l'autre.

Joyeuse Pâque et bon week-end

PS Attention, bientôt des femmes prêtres, rabbins et imams. Éventuellement en couple homosexuel. On va rigoler!

04/04/10 - 12:52

Résurrection et révélations innommables

Points importants

 La pédophilie passe du tabou à l’interdit
 L’homosexualité est passée du tabou au permis
 Les homosexuels mystiques, non assumés, sont tentés par le célibat
 L’Eglise catholique cantonne ses prêtres dans une immaturité relationnelle
 Les commentateurs confondent abstinence et immaturité

Je ne sais pas si Dieu existe, mais s’il existe il m’a donné un cerveau et un sexe.

Lorsque j’étais petit, j’étais pédophile. C’est normal, entre 3 et 10 ans, de s’exciter entre copains, cousins, voisins, à montrer ce que l’on vient d’apprendre à cacher, et que les adultes nous cachent… jouer au docteur, à la guerre des boutons, se dénuder par provocation jubilatoire et exhiber une érection face à un garçon et une fille qui rient sous cape, gênés et intrigués… regarder les autres aux toilettes, aux vestiaires, comparer, écarter les fesses pour mieux voir l’anus : il est difficile de voir le sien, mais celui du voisin, du cousin, on peut.

Vers 11 ans, je suis devenu plus réservé. La nudité devenait une attitude de confiance, mais on devait rester chaste pour ne pas s’emballer comme des gamins. Avec l’adolescence, le besoin de l’autre s’est mêlé aux premières curiosités, en particulier dans les vestiaires. Un beau jour, j’ai découvert avec un autre adolescent à la fois la masturbation, et une excitation nouvelle qui portait en plus un besoin d’amitié fervente, j’ai compris non sans peine qu’il s’agissait d’amour et que les mots « enculé, pédé », étaient censés désigner mon avenir sentimental. Ces deux paragraphes n’auraient pas pu être écrits avant 1950, et difficilement avant 1980.

Imaginons maintenant le même individu, dans un milieu hostile dans les années 70, et faisons-lui deux clones. L’un évolue dans une famille de notables en province, chrétiens et réactionnaires, favorables à la messe en latin, aux mouvements de jeunesse chrétiens. Il sera scout, et apprendra très tôt à abuser de ses camarades, comme la plupart des enfants. Pervers, il sait dénoncer les autres pour ne pas se faire prendre, il sait mentir et contraindre l’imbécile, mener un groupe jusqu’à persécuter une petite victime. Ils le frappent, ils l’humilient, ils le forcent à se déshabiller… je vous laisse imaginer le reste. Conscient de son peu d’attirance pour les femmes, il devient prêtre, et reste pédophile. Il sera appréhendé en 2010 pour ses actes qualifiés de viol ou d’outrage à la pudeur sur mineur.

Le second est la victime des premiers. Très tôt, complexé, malmené, il est devenu le bouc émissaire. A l’adolescence, il est mystique et craint le mal, la tentation qui est en lui de faire souffrir, les pulsions sexuelles qui le portent vers les jeunes enfants, seuls camarades avec qui il se sent en sécurité. Il les aime, ils le tentent. Il devient prêtre. Il ne connaîtra jamais la réalité d’une relation d’amour entre adultes, qui lui fait aussi peur que les serpents ou les araignées, comme une phobie. Il sera dénoncé par sa bonne, qui découvre des revues « pédopornographiques » dissimulées au grenier.

Le troisième a aussi du mal à sortir de ses désirs d’enfants, et pour la même raison : les mots de pédé, enculé, etc. ne ressemblent pas à un compliment ni à son idéal de vie, dans une famille pratiquante. Il a beaucoup d’appétits sexuels, depuis son enfance, mais il ne peut pas mêler l’amitié adulte à ses pulsions immatures. Il se passionne pour les catalogues de sous-vêtements, et attend patiemment de devenir enfin adulte dans ses désirs. Contrairement aux deux premiers, il se détourne du milieu familial. Il a des amis gauchistes libertaires, en opposition au jus déo-chrétien dans lequel il a baigné trop longtemps. Les plus proches peuvent entendre son discours sur la vie sexuelle des enfants et leur droit à en disposer. Mais ils le préviennent : en disposer entre eux, certes, avec des rapports d’égal à égal, mais pas avec des adultes qui pourraient les manipuler. Il réfléchit, polémique parfois à la marge, sur des relations douces et sans violence, librement consenties. L’époque s’y prête, Cohn-Bendit a écrit quelques pages provocatrices… heureusement pour lui, il ne rencontre pas d’enfants consentants, et comme il a un profond respect pour les faibles il ne commettra aucun acte répréhensible. A force de parler avec des gens intelligents, il évoluera, consultera peut-être, et finira par rapprocher sa vie de ce qui est permis, en assumant son homosexualité et son goût pour les éphèbes, sexuellement majeurs. Le viol lui répugne absolument, même le viol moral qui serait pratiqué par l’ascendant que l’on peut prendre sur les autres.

Ces trois exemples montrent bien le rôle du célibat et de l’Eglise. Le problème n’est pas la pulsion sexuelle irrépressible, comme on l’entend dans des bouches superficielles et stupides. Tout le monde sait se branler, les prêtres ne nous ont pas attendus pour le faire. Le problème est d’abord que le célibat mystique attire certains êtres sexuellement immatures. C’est ensuite que l’imagerie mystique développée autour de cette Union avec Dieu cantonne l’individu dans un narcissisme sexuel, par nature enfantin. Avec en plus la honte jetée par l’Eglise sur tout comportement homosexuel entre adultes, librement consenti, que reste-t-il ? La perversité et la honte, comme seul avenir.

C’est pourquoi j’accuse la sainte Eglise, romaine et apostolique, d’être responsable de ces immenses gâchis.

La République laïque pourrait très bien exiger des employeurs y compris religieux qu’ils respectent les principes républicains d’égalité entre les sexes et de respect de la vie privée, ce qui inclut le droit au mariage.

Un espoir en passant : grâce aux révolutionnaires de mai 68, on ne passe plus ces crimes sous silence, on passe d’une civilisation du tabou à une civilisation qui écoute, étudie, débat et régule. Avant, on ne voulait pas le savoir. Maintenant, on protège les enfants car on les écoute, mais parfois on confond encore le désir pédophile avec l’abus ou le viol d’enfants. Or pour mieux prévenir, il faut d’abord comprendre, écouter, non sans bienveillance.

Message chrétien, s’il en est, et parfaitement dans l’intérêt général qui est de prévenir plutôt que de punir… car il est alors trop tard. Évidemment l'un n'exclut pas l'autre.

Joyeuse Pâque et bon week-end

PS Attention, bientôt des femmes prêtres, rabbins et imams. Éventuellement en couple homosexuel. On va rigoler!

04/01/2010

04/01/10 - 01:58

The Polar Express

Critique de Télérama : « Si l'on reconnaît volontiers le talent de Zemeckis à créer des univers originaux où l'humain se promène dans le temps et les mythes, il faut préciser que c'est généralement au profit d'une idéologie assez rétrograde. Ce conte n'échappe pas à la règle. Une prouesse technique (le « motion capture »), un voyage dans l'imaginaire (la veille de Noël, un gamin qui doute de l'existence du Père Noël embarque dans un train magique et se retrouve au pôle Nord dans le village du vieux barbu), et une morale en forme de slogan pro-Bush (« believe ! », « croyez »). »

Le contrôleur du train, lorsqu’il composte les billets, a en effet pour coutume d’écrire quelques lettres avec une succession de petits trous, toujours des petits trous, oui mais de première classe. Et il écrit « BELIEVE » sur le billet du petit héros, le garçon qui doute. Mais il écrit aussi sur le billet de la petite noire qui a pris le train avec lui et qui ne manque pas d’initiative : « LEAD » et il lui précise bien qu’il ne s’agit pas seulement de conduire (un train, un traineau…) mais aussi de guider, de montrer la voie. Le film datant de 2004, il ne pouvait savoir si Obama ou Hilary Clinton prendrait les commandes, il a donc choisi une fille noire… Et le voilà progressiste, notre suppositoire de Bush.

Les critiques de Télérama ont le chic pour voir un bout de la réalité comme un myope très profond qui scrute un détail. Que l’Amérique et ses films soient conformistes et souvent conservateurs, c’est un fait ! Ils portent le socle de ce qu’un bon citoyen doit savoir, tout comme les comptes de fées. Jusque dans les années 70 voire 80, un homosexuel ça n’existait que de façon vaguement allusive et généralement pour incarner un pervers psychopathe de la pire espèce, ou à la rigueur un personnage dans l’erreur qui meurt à la fin. Un noir représentait précisément... un noir.

La morale d’un film comme d’un conte est rarement « ils se branlèrent et eurent beaucoup d’orgasmes », plus souvent « ils se marièrent et fondèrent une famille heureuse ». Avant la transition démographique, c’était « ils eurent beaucoup d’enfants ». Avec la baisse de la mortalité infantile et l’élévation du niveau d’études, de conscience et de QI, ça devient une famille heureuse avec deux ou trois enfants épanouis. Parfois un gay sympathique passe pour corriger les vieux aprioris. Un noir reste un noir, mais c'est parfois un collègue.

Pour le cinéma, l’amour c’est souvent un baiser profond, et se masturber c’est une manie d’ado immature, normale mais pas très glorieuse. Ce qui est glorieux, c’est de prendre le train, sans hésiter, lorsqu’il se présente. C’est la morale du film, la plus importante en fait, d’où se déclinent le "lead" et le "believe", tout comme le LEARN du troisième gamin, l’emmerdeur qui sait tout et qui croyait lire EARN.

Prends le train, où qu’il mène… au pôle Nord, où la glace fond à vue d’œil ? Là n’est pas la question. Passe des concours, suis les cours, vas-y, fonce à mort. Fais des Powerpoint, épouse cette fille de bonne famille, ce garçon ingénieur, ne traîne pas au lit, trouve un nouveau truc, achète, vends, voyage, fonce, mon gars. Tu n’y comprends rien ? Peu importe, suis ton intuition, va où te mène le groupe. Le groupe a toujours raison, tu es membre d’un troupeau, petit terrien, tu dois avant tout éviter de rester sur le côté.

L’objectif chiffré ouvrira la voie, prêt à te donner le baiser de l’araignée.

Seul, sans travail, je te regarde passer à la télé.

D’autres regardent les moteurs tourner sur le périphérique, à l’abri sous le béton gris.

23/12/2009

23/12/09 - 02:38

Dis Monsieur Bagnole, tu pourrais dégraisser le mammouth?

On change rien, Copenhague c'était juste comme la grippe A, pour distraire les foules pendant que le chômage augmente, et que la masse monétaire se concentre en revenus financiers. L'argent ne peut pas être partout à la fois, il est à la bourse, pas dans la recherche, ni dans le métro.

En attendant, siouplait Monsieur Peugeot, Renault, et autres, tu pourrais les faire un peu moins larges, un peu plus légères, tes bagnoles? Je voudrais pouvoir continuer à rouler à vélo et les rues ne sont pas plus large qu'au temps des 2CV, des 4L et des Méharis.

Si tous les Chinois s'achètent des 4X4 on est pas rendus...

Une Méhari électrique, ce serait possible?
Non?
Pourquoi?
Et avec un pédalier en plus?
Les gens sont trop cons?
Peut-être... mais ils sont parfois trop gros aussi, et ils ont des vélos d'appartement.

Et puis si l'accélérateur était remplacé par un pédalier de vélo, à mon avis y'aurait moins de kékés sur les routes.

20/12/2009

20/12/09 - 15:38

Copenhague c'est fini


Le premier pollueur, c’est un modèle de développement économique basé sur la croissance chiffrée et sur le gâchis.

Cette considération générale n'est pas dirigée contre les uns au profit des autres. Elle a pour but de fédérer et non de diviser.

Croissance chiffrée ? Mal chiffrée : une voiture dont le moteur tourne à l’arrêt produit du PIB en consommant de l’essence, elle dégage du CO2, et aucun bien-être.
Elle contribue à la croissance et à l’effet de serre.
Si on arrête le moteur, c’est de la décroissance, et du bon sens.

Une usine en chine qui produit un jouet dont un gosse gâté se lassera, délaissé par ses parents qui luttent pour leur place, c'est un gâchis comparable à la voiture bloquée dans un embouteillage.

Il en va de même pour la plupart des profits financiers, argent virtuel et parfois nocif concentré dans les mains de ceux qui n’en ont plus besoin, les plus forts et non les plus utiles, car ils n’apportent pas la joie mais la crise.

Ceux qui travaillent dans les usines chinoises ou dans nos ordures en Afrique feraient mieux d'élever des poulets, ou cultiver des céréales.

Je préfère le canard sain plutôt que le foie gras. Mes artères aussi, les canards j'en parle même pas.

Et toi, petit Chinois? Tu aimes gaver les oies dans des hangars obscurs?